Dans les assiettes de Michael AMON-AKA, il y a les saveurs et l’âme de la Côte d’Ivoire, bien sûr. Mais il n’y a pas que cela. En cuisine, il est toujours question d’alchimie. Celle qui fait la cuisine du chef du restaurant l’Akan s’est construite au fil d’une vie menée au pas de l’audace et de la passion. Une vie au cours de laquelle la gastronomie a fini par s’imposer, comme une évidence. 

 

Tout a commencé sur les bords de la lagune Ebrié, à Abidjan, Côte d’Ivoire, berceau du peuple Akan, connu dans le monde entier pour son travail de l’or. Des parents aimants, protecteurs et une grand-mère jamais bien loin qui surveille dans la cuisine les plats ancestraux qui donneront à jamais au jeune Michael la passion de la nourriture et des goûts francs. 

Peut-être parce qu'il fut un enfant fragile, Michael AMON-AKA commence par se tourner vers l’art de la médecine. Nous sommes en l’an 2000 et le jeune-homme arrive en France pour y suivre ses études. Il comprend vite qu’il n’a pas la vocation du médecin et se tourne vers la biologie et la chimie. Il se passionne pour le pouvoir des plantes et comprend le rôle majeur, pour la santé physique comme pour le bien-être moral, d’une alimentation saine. La première pierre est posée. Aujourd’hui encore, quand il compose ses plats, le chef tient compte des vertus des nutriments qu’il choisit d’y placer. 

C’est ensuite vers l’industrie et l’entreprise familiale que ses pas le portent. Supply Chain, logistique, management, Michael, sans le savoir encore, emmagasine des compétences qui lui seront essentielles dans son futur métier. Car un chef de cuisine, c’est aussi un logisticien du goût, un maître de l’approvisionnement. Au plus proche, au meilleur, au plus vite. 

Et, durant toutes ces années, Michael AMON-AKA cuisine. Pour lui, pour sa famille, pour ses amis. Aux fourneaux, il est lui-même, il se sent libre et légitime. Ses plats plaisent, on les lui redemande. 

Mais Michael n’a pas une âme d’amateur. Ce qu’il fait, il le fait en professionnel. Alors, en 2012, c’est le revirement. Adieu l’expertise maritime, le jeune homme se tourne vers ce qu’il y a de mieux : l’institut Paul Bocuse, près de Lyon pour, dit-il “simplement comprendre ce que l’on appelle la gastronomie”. Taillage des légumes, dressage des assiettes, composition des plats, tout y passe et les briques, comme par miracle, se mettent en place. C’est le vrai début de  son aventure. Un début qui le conduit, de nouveau, sur les bancs de l’école pour un CAP cuisine à Tours avec le Greta. Vient ensuite, comme de coutume, le tour des belles tables de la région. Un passage aux Hautes-Roches de Didier Edon, un détour par la Tranchée, au bistrot Barrier, un autre dans les cuisines de l’Orangerie au château de Chenonceau

Mais Michael est un homme qui sait où il va. Il garde toujours en tête, l’ambition d’ouvrir ce qui serait non pas un restaurant ivoirien, mais le restaurant d’un chef né en Afrique et pétris de l’excellence française. 

Chaque jour, depuis, Michael AMON-AKA démontre que la cuisine ivoirienne n’est pas ce que l’on imagine. Sous ses doigts, elle peut être fraîche et subtile, à la fois légère et typée. Toujours à base de produits achetés en local (le logisticien sait la vertu du circuit court), Il propose, à qui veut bien se laisser tenter par la curiosité, un véritable voyage dans des contrées culinaires méconnues. Le cadre de son restaurant aide à l’évasion et ressemble à son créateur. Il y a ce goût du raffinement, cette élégance des détails qui ne confond jamais le luxe et le confort. Le chef cultive, dans l’assiette comme à la salle, le plaisir d’être ensemble, pour que ses convives aient envie de refaire le monde, de le parcourir et d’en partager les saveurs. Cette chaleur et ce sens de l’accueil, il les a hérités de tout un peuple.